| Après avoir mis les points sur les i avec succès avec mes confrères de la clinique( une blonde accouche et arrête, l’autre s’est pris le mur de la Fac, ce temple de la Science (et de la désorganisation) qu’elle a voulu organiser à son goût )et aussi avec ceuss du Genac ( où je prépare le terrain pour une prise de pouvoir en septembre pour parer aux dérives despotes de la gestion - forte de cet entraînement à la gestion de conflit, disais-je- je suis passée à plus fort : mon seul vrai problème, ne nous trompons pas de cible. Longuement analysé.. Y a du poulet aux légumes et des pâtes dans toute la pièce, de la vaisselle cassée , faut dire après avoir envoyé promener le poulet, j’ai carrément renversé la table, qui est sortie de ses gonds et puis j’ai encore balancé deux trois trucs en travers de la pièce en hurlant. Je m’étonne moi-même. Expression de ma colère. Aucune blessure physique n’est à déplorer : en effet, ayant été à bonne école, j’ai appris qu' il ne faut pas laisser de traces; ainsi, personne ne peut se plaindre . Ca n’était pas de la frustration due à l’incompréhension, c’était une sortie fracassante de l’état de victime pour devenir actrice, selon les modalités inculquées… Si maman glisse sur la sauce aux légumes, c’est parce que c’est une sale époque pour tout le monde, où les enfants jettent la nourriture en travers de la pièce, cela ne sera pas ma faute si elle glisse, même si, préoccupée,elle est distraite et de toute façon si je suis comme je suis, c‘est parce qu’il n’y pas moyen de me changer à mon âge. En fin bref, en résumé, c’est pas ma faute…selon leur propre raisonnement appliqué en miroir. Ca ne sera donc la faute à personne non plus s’ils ne me verront plus. En effet, ça n’est pas très bon pour mon estime de continuer à jouer dans cette mascarade. Quant à tartiner du poulet sur les murs, cela n’est pas dans mes habitudes et me renvoie une image plutôt négative dans le miroir . Fussé-je dans mon bon droit d’exprimer de la colère et de retourner la violence qui venait de m’être faite, ça fait tache. En question, la goutte excédentaire d’un mode relationnel ayant pour unique but de revaloriser et de déculpabiliser certains protagonistes au détriment des autres, mais toujours les mêmes, et au nom de l’amour bien entendu. Après avoir tenté de me faire comprendre calmement multes fois, je me suis donc un peu énervée afin de sauter avec fracas et brio, et de façon mémorable, hors de cet enfer. Hop-là. Je me suis a-ppli-quée. Ca fait tout drôle de reprendre sa dignité après tant d’années. Il aurait voulu que je reste nettoyer. J’ai estimé qu’il comprendrait peut-être un peu mieux l’humiliation de la réparation unilatérale des dégâts exercés sur autrui à quatre pattes à quatre-vingt ans passés... Curieusement, j’ai la sale habitude de me défendre contre les abus familiaux et la violence cachée perfide à grand renfort d’aliments.. Jadis j’ai déjà négligemment détourné de sa trajectoire une cuillerée de sucre en poudre laquelle est allée atterir dans la figure de ma sœur qui venait de me lancer une méchanceté "anodine" à table. A l’époque , personne n’a réagi : tout le monde à continué la conversation comme si de rien n’était. Quant à ma mère qui , jalouse, interrompait et espionnait à l’étage mes conversations avec le bel Husky Sibérien aux yeux bleus dont j'étais follement éprise en première candi, elle a fait connaissance sans broncher et en silence avec le contenu liquide de la tasse de café qu’elle buvait tranquillement lorsque j’ai raccroché. Retournée sur la table, simple et tranquille. L’alimentaire comme symbolique du lien "bienfaisant "détourné de sa fonction primaire, ça marche très bien . Tout peut être violence. Tout peut être tendresse. Selon l’emballage, le contexte, les modalités . Je capte cela très bien. Mais idiotement, on attend autre chose pendant quinze siècles. Puis un jour, on renonce. Exit. J’en avais plein le dos.
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